
Dans le livre Le Cerveau de Bouddha, Rick Hanson décrit le cerveau comme du Velcro pour les expériences négatives et comme du Téflon pour les expériences positives. Autrement dit, le négatif colle… et le positif glisse.
Ce mécanisme, hérité de l’évolution, nous a permis de survivre… jusqu’ici. Pendant des milliers d’années, notre cerveau a été programmé pour repérer, retenir et anticiper les menaces : prédateurs, poisons, ennemis. Chaque danger potentiel devait être mémorisé rapidement et profondément. C’était une question de vie ou de mort.
Voici le point clé : les menaces ont changé… pas notre cerveau.
Aujourd’hui, nous ne fuyons plus des prédateurs dans la forêt. Pourtant, notre système nerveux reste en mode hypervigilance. Les “dangers” ont changé et, pour les circuits de protection du cerveau, ils sont partout : notifications, avalanche de courriels, surcharge d’information, comparaison sur les réseaux sociaux, pression financière, attentes de performance, pensées anxieuses. Tout cela influence directement notre état interne et colle parfaitement au Velcro de notre cerveau.
Dès que notre corps perçoit une menace, notre cerveau passe en mode Velcro : il s’accroche, il analyse, il amplifie, il fait tout pour nous protéger, pour nous garder dans notre zone de confort. Nous devenons alors naturellement attirés par ce qui ne va pas, ce qui manque, ce qui pourrait mal tourner.
C’est fascinant… et un peu fou quand on y pense. Nous sommes probablement plus en sécurité que jamais dans l’histoire de l’humanité, et pourtant, nos systèmes nerveux n’ont rarement été aussi réactifs.
La bonne nouvelle? Nous pouvons entraîner notre cerveau autrement.
Très concrètement : reviens à ta respiration et ralentis-la consciemment, prends quelques secondes de plus pour savourer un moment positif, nomme ce qui va bien dans ta journée, ralentis volontairement dans des moments clés, réduis ton exposition aux sources de stress inutiles, ramène ton attention dans le présent, cultive la gratitude activement, répète ces micropratiques au quotidien. Avec le temps, ton cerveau commence à enregistrer différemment.
Finalement, ce n’est pas seulement ce que nous vivons qui compte… c’est ce que notre cerveau choisit d’enregistrer. Alors, entraînons-le à devenir Velcro pour le positif… et Teflon pour le reste.